
✨Mamie Jeanne et les petits chagrins de l’école
Nicolas arriva ce jour-là en traînant les pieds.
Mamie Jeanne, qui tricotait près de la fenêtre, leva les yeux.
— Eh bien, mon petit Nicolas… le vent t’a volé ton sourire aujourd’hui ?
Il haussa les épaules.
— À l’école… c’était nul.
Mamie Jeanne posa doucement son ouvrage.
— Raconte-moi.
— J’ai levé la main… mais la maîtresse n’a pas interrogé.
Et puis… Paul a rigolé quand j’ai répondu tout bas…
Et mon dessin… personne ne l’a regardé.
Sa voix s’était faite plus petite.
Mamie Jeanne l’écouta sans l’interrompre.
— Ce sont de petits chagrins… mais ils peuvent peser lourd dans le cœur, tu sais.
Nicolas hocha la tête.
— Oui… c’est comme un caillou.
Mamie Jeanne sourit.
— Un caillou… ou plusieurs ?
— Plusieurs… murmura-t-il.
Elle se leva lentement, alla chercher une petite boîte posée sur l’étagère et l’ouvrit.
À l’intérieur, il y avait quelques cailloux lisses et brillants.
— Tu vois ces pierres ? Chacune représente un petit chagrin que quelqu’un m’a confié.
Nicolas les observa, intrigué.
— Et qu’est-ce que tu en fais ?
— Je les garde un moment… le temps qu’ils deviennent moins lourds.
Puis un jour, ils deviennent si légers… qu’ils se transforment en histoires.
Nicolas releva la tête.
— En histoires ?
— Oui… des histoires qui aident d’autres enfants à comprendre qu’ils ne sont pas seuls.
Elle lui tendit un petit caillou.
— Celui-ci, aujourd’hui, c’est le tien.
Nicolas le prit dans sa main. Il ne semblait déjà plus aussi lourd.

