⛩️ Les coulisses de Tsutsuji – Le Japon qui a inspiré Aventures parisiennes
Découvrez les recherches, les traditions japonaises, les légendes, les geishas, la cérémonie du thé et les illustrations qui ont inspiré Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi.
La genèse
Les coulisses de Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi, révèlent les inspirations japonaises, les traditions et les légendes qui ont nourri la création du premier tome des Aventures parisiennes.
Geishas, cérémonie du thé, courtoisie japonaise, jardins zen, légendes anciennes et illustrations originales : découvrez les recherches qui ont accompagné la naissance du roman.
Bien avant d’écrire Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi, j’étais déjà fascinée par deux univers qui semblaient ne rien avoir en commun.
Je ne prétends pas connaître le Japon. J’ai simplement essayé de raconter la rencontre de deux cultures qui se regardent, s’observent et parfois se comprennent mal, au travers d’une quadrilogie à suspense.

D’un côté, les romans policiers. Depuis mon adolescence, je dévore les enquêtes d’Agatha Christie et les aventures d’Hercule Poirot. J’aime les énigmes, les indices disséminés au fil des pages, les fausses pistes et ces instants où tout s’éclaire soudainement.
De l’autre, le Japon. Un Japon à la fois réel et légendaire. Celui des sanctuaires cachés derrière un torii vermillon, des jardins où chaque pierre semble avoir trouvé sa place depuis des siècles, des Matsuri (祭り) qui rythment les saisons, des geishas aux kimonos somptueux, des cerisiers en fleurs qui ne restent que quelques jours avant de disparaître dans le vent.
Mais aussi celui des récits anciens, des légendes transmises de génération en génération et des Shichifukujin (七福神 ), les sept dieux du bonheur qui traversent les mers à bord du Takarabune (宝船 ), leur navire chargé de trésors et de promesses.
Au fil des années, ces deux passions ont nourri mon imaginaire.
J’écrivais alors de petites histoires pour les enfants, ainsi que de courts récits policiers. Puis est née l’envie de construire une intrigue plus ambitieuse, mêlant mystère, enquête et destins croisés.
Le Japon s’est imposé naturellement.
Non comme un simple décor exotique, mais comme un univers vivant, porteur de symboles, de traditions et de codes qui continuent encore aujourd’hui à traverser les siècles.
C’est ainsi qu’est né le premier tome de la saga Aventures parisiennes :Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi.
Cette page vous invite à découvrir quelques-unes des recherches, des inspirations et des illustrations qui ont accompagné la création du roman.

⛩️ Poussez les portes du torii et entrez dans les coulisses de l’histoire…
Les geishas – 芸妓
Avant de devenir geiko (芸妓 ) ou geigi (芸妓 ) — termes utilisés au Japon pour désigner les geishas — les maiko (舞妓 ) suivent pendant plusieurs années un apprentissage exigeant et quotidien.
Contrairement à une idée reçue largement répandue en Occident, les geishas ne sont pas des courtisanes. Elles sont avant tout des artistes professionnelles spécialisées dans les arts traditionnels japonais. Leur formation comprend notamment la danse, le chant, la musique, la poésie, l’art de la conversation ainsi que la maîtrise des usages et du savoir-vivre japonais.
Leurs prestations étaient traditionnellement destinées à une clientèle aisée. Aujourd’hui encore, les geiko se produisent lors de réceptions privées, de rencontres culturelles ou d’événements organisés pour des particuliers, des entreprises ou des visiteurs étrangers.
Certaines geiko pouvaient bénéficier du soutien d’un danna (旦那 ), un mécène fortuné qui participait aux frais considérables liés à leur formation, à leurs kimonos et à leur mode de vie. Cette relation, variable selon les époques et les situations, ne constituait toutefois pas une obligation.
Plusieurs heures de travail sont nécessaires pour parvenir à s’habiller et à se maquiller.
Leur kimono (着物 ), ou obebe (おべべ ), est une véritable œuvre d’art confectionnée dans des tissus somptueux. Il est maintenu par l’obi (帯 ), une large ceinture de soie qui entoure le vêtement. Cette ceinture est mise en forme grâce à un petit coussin appelé obi-makura (帯枕 )qui lui donne son volume caractéristique. Plusieurs tours sont nécessaires pour maintenir l’ensemble du vêtement en place.


Les geiko portent généralement l’obi sous la forme d’un nœud de tambour, tandis que les maiko arborent un obi beaucoup plus long dont le nœud remonte jusqu’aux omoplates et dont les extrémités descendent presque jusqu’au sol.
Les manches du kimono peuvent être particulièrement longues chez les maiko, accentuant encore l’élégance de leur silhouette.

La longueur du vêtement est soigneusement ajustée afin de permettre une démarche gracieuse.
Le col visible sous le kimono varie selon le statut. Celui des geiko est généralement blanc, tandis que celui des maiko présente des touches de rouge, couleur traditionnellement associée à la jeunesse et à l’apprentissage.
Les tabi (足袋 ), chaussettes blanches traditionnelles japonaises, ont pour particularité la séparation entre le gros orteil et les autres doigts afin de pouvoir porter les sandales traditionnelles.
Les zōri (草履) sont des sandales généralement basses portées principalement par les geiko. Elles permettent une démarche plus discrète et plus mature.
Les okobo (おこぼ) sont les très hautes sandales en bois portées par les maiko. Elles peuvent atteindre une dizaine de centimètres de hauteur, parfois davantage. Elles produisent un bruit caractéristique lorsqu’elles marchent. Même leur démarche fait l’objet d’un apprentissage particulier. Les maiko avancent à petits pas mesurés, les pieds légèrement ouverts, avec une grâce et une retenue qui participent à l’élégance de leur personnage.
L’art s’exprime également sur leur visage, entièrement recouvert d’un maquillage blanc caractéristique. Celui-ci met en valeur le rouge vermillon appliqué sur les lèvres dont les contours sont délicatement redessinés.
Le regard est souligné par des traits noirs et des touches de rouge ou de rose, particulièrement chez les maiko. Les sourcils sont soigneusement dessinés afin de participer à l’harmonie générale du visage.
Leur coiffure traditionnelle, élaborée et raffinée, est ornée de peignes, d’épingles et de fleurs en soie appelées kanzashi (簪 ). Ces ornements changent souvent au fil des saisons et constituent à eux seuls un véritable langage esthétique.
Le maquillage s’étend également jusqu’à la nuque, partie du corps considérée comme particulièrement élégante dans l’esthétique japonaise traditionnelle. Les motifs laissés visibles à la base du cou permettent d’ailleurs de distinguer le statut de celle qui les porte : les maiko présentent généralement deux pointes blanches, tandis que les geiko n’en arborent qu’une seule.
Pourquoi évoquer les geishas dans le roman ?
Lorsque j’ai découvert l’univers des geishas, loin des stéréotypes souvent véhiculés en Occident, j’ai été fascinée par leur élégance, la richesse de leurs tenues et l’atmosphère singulière qui les entoure.
Au-delà de leur beauté, elles incarnent à mes yeux la rencontre entre l’art, la tradition et le raffinement. Leur simple présence semble suspendre le temps et transporter le visiteur dans un Japon où les gestes, les paroles et les silences possèdent encore une signification particulière.
L’un des chapitres de Tsutsuji se déroulant lors d’une réception privée, il m’a paru naturel d’y faire apparaître des geishas. Leur présence apportait à la scène une dimension à la fois poétique et intemporelle, tout en soulignant le contraste entre la modernité du Japon contemporain et la permanence de certains codes hérités de plusieurs siècles de tradition.
À travers elles, je souhaitais également rappeler que le Japon est un pays où le passé et le présent cohabitent souvent avec une étonnante harmonie.
La cérémonie du thé – 茶道
La cérémonie du thé japonaise, appelée sadō (茶道) ou chadō, « la Voie du thé », est un art traditionnel profondément ancré dans la culture du Japon.
Inspirée notamment par la philosophie du bouddhisme zen, elle repose sur des principes qui constituent l’essence même de l’esthétique japonaise : l’harmonie (wa), le respect (kei), la pureté (sei) et la sérénité (jaku).

Bien plus qu’une simple dégustation, la cérémonie du thé est une invitation à vivre pleinement l’instant présent et à créer un moment privilégié de partage entre les participants.
Elle s’inscrit dans un ensemble d’arts traditionnels visant à l’accomplissement personnel, aux côtés de l’ikebana (生け花), l’art floral japonais, du kōdō (香道), l’art des parfums, ou encore de la calligraphie.
La forme actuelle de cet art doit beaucoup à Sen no Rikyū (千利休), maître de thé du XVIe siècle. Son enseignement est notamment associé à l’expression ichi-go ichi-e (一期一会), littéralement « une fois, une rencontre ». Cette formule rappelle que chaque rencontre est unique et qu’elle ne se reproduira jamais exactement de la même manière.
Le lieu où se déroule la cérémonie est appelé chashitsu (茶室), la « maison de thé ». Cette pièce, généralement recouverte de tatamis, présente un décor volontairement épuré. Une petite porte d’entrée, appelée nijiriguchi (躙口), oblige les invités à se courber pour pénétrer dans la pièce, symbole d’humilité et d’égalité entre tous les participants.
Avant d’entrer, les invités se purifient symboliquement en se lavant les mains et en rinçant leur bouche à une fontaine de pierre. Ce geste marque le passage du monde extérieur vers un espace de calme et de recueillement.
L’hôte prépare ensuite le thé à l’aide d’ustensiles soigneusement choisis, appelés dōgu (道具). Parmi eux figurent notamment le bol à thé (chawan 茶碗), le fouet en bambou (chasen 茶筅), la cuillère à thé (chashaku 茶杓), le récipient à thé (chaire 茶入 ou natsume 棗 selon le type de thé) ainsi que la bouilloire en fonte (kama 釜).
Des pâtisseries traditionnelles japonaises, appelées wagashi (和菓子), sont généralement servies avant le thé afin de préparer le palais à l’amertume du matcha (抹茶), le thé vert réduit en poudre.
L’hôte dépose ensuite la poudre de thé dans le bol, y ajoute de l’eau chaude puis mélange délicatement l’ensemble à l’aide du chasen jusqu’à obtenir une texture parfaitement homogène.
Selon le type de cérémonie, le thé peut être servi sous forme de koicha (濃茶), un thé épais et concentré, ou de usucha (薄茶), un thé plus léger et mousseux.
Tout au long de la cérémonie, chaque geste est exécuté avec attention. Le calme, la lenteur et la précision des mouvements invitent chacun à porter son regard sur l’instant présent.
À travers ce rituel plusieurs fois centenaire, le Japon célèbre autant la simplicité d’un bol de thé que la beauté éphémère de la rencontre humaine.
Pourquoi avoir introduit une cérémonie du thé dans le roman ?
Lorsque les protagonistes de ce roman se retrouvent réunis pour la première fois, ce sont en réalité plusieurs univers qui se rencontrent.
D’un côté, Takashi-san, un mécène japonais âgé, héritier d’une culture pluriséculaire et de traditions soigneusement préservées.
De l’autre, Marc Chartier, policier français ayant longuement vécu au Japon et familier de certains de ses codes.
Enfin, Floriane Le Marellec, jeune Parisienne moderne, spontanée et débordante d’énergie.
Tout semble les opposer.
La cérémonie du thé m’est alors apparue comme le cadre idéal pour leur première rencontre. Là où notre quotidien privilégie souvent la rapidité et l’efficacité, la Voie du thé invite au contraire à ralentir, à observer, à écouter et à accorder de l’importance aux gestes les plus simples.
Ce moment suspendu permettait ainsi de révéler les différences entre les personnages, mais aussi les premiers liens invisibles qui commencent à se tisser entre eux.
Dans cette scène, la cérémonie du thé n’est pas seulement un décor : elle devient un langage silencieux à travers lequel chacun révèle une part de sa personnalité.
Le salut et les règles de bienséance
La politesse, le respect d’autrui, la ponctualité, la modestie et le souci de l’harmonie collective occupent une place importante dans la société japonaise.
L’une des premières marques de courtoisie est l’exactitude. Arriver à l’heure est considéré comme une forme de respect envers les autres. Un retard, même de quelques minutes, peut être perçu comme un manque d’égards.
Le respect de l’étiquette s’exprime à travers de nombreux gestes du quotidien, dont le plus emblématique est le salut, appelé ojigi (お辞儀).
Contrairement aux usages occidentaux, le contact physique est généralement limité lors des salutations. On privilégie une inclinaison du buste dont l’angle varie selon les circonstances, le degré de respect exprimé ou la relation entre les personnes.
Dans les situations les plus formelles, les hommes gardent les bras le long du corps tandis que les femmes placent traditionnellement leurs mains jointes devant elles. Le regard est abaissé avec modestie, sans toutefois fixer le sol.
Les échanges verbaux sont eux aussi empreints de retenue et de courtoisie. L’écoute attentive est valorisée et les silences ne sont pas nécessairement perçus comme gênants. Ils peuvent au contraire marquer la réflexion ou le respect accordé à l’interlocuteur.
Le respect des autres se manifeste également dans de nombreux détails de la vie quotidienne. Dans les habitations traditionnelles, certains restaurants, temples ou ryokan, il est d’usage de retirer ses chaussures à l’entrée avant de pénétrer dans les espaces recouverts de tatamis.
Lorsqu’un objet, une carte de visite, un cadeau ou un paiement est remis à quelqu’un, il est fréquent de le présenter et de le recevoir à deux mains. Ce geste simple témoigne de l’attention portée à l’autre personne.
Au-delà des règles elles-mêmes, l’étiquette japonaise repose sur une idée essentielle : faire preuve de considération afin de préserver l’harmonie des relations humaines.
Pourquoi évoquer les règles de bienséance dans le roman ?
Lorsque les protagonistes de l’histoire se rencontrent, ils ne partagent pas seulement des langues et des parcours différents. Ils portent également des codes culturels parfois éloignés les uns des autres.
Takashi-san a grandi dans une société où le respect de l’étiquette et de la hiérarchie occupe encore une place importante.
Marc Chartier, qui a vécu plusieurs années au Japon, en connaît les usages.
Floriane, au contraire, agit avec la spontanéité et la liberté d’une jeune Parisienne moderne.
À travers de simples gestes — une salutation, une carte de visite remise à deux mains, un silence respectueux ou une marque de ponctualité — je souhaitais montrer comment les traditions continuent d’influencer les comportements, même dans un monde devenu très moderne.
Ces différences ne constituent pas un obstacle. Elles deviennent au contraire une occasion pour les personnages d’apprendre à se comprendre et à se respecter.
Ces différences culturelles m’offraient également l’occasion d’introduire quelques moments de respiration dans l’intrigue. Les incompréhensions, les surprises ou les réactions spontanées de Floriane face à certains usages japonais permettent parfois de sourire tout en découvrant une autre façon de voir le monde. Derrière ces décalages se dessine peu à peu une rencontre entre deux cultures qui apprennent à se comprendre.
Le jardin japonais
Mon premier contact concret avec un jardin japonais n’a pas eu lieu au Japon mais lors d’une formation professionnelle. Au cœur d’un immeuble moderne, un jardin intérieur avait été aménagé autour d’un bassin, d’un petit pont de bois et d’une cascade miniature. Ce lieu de calme et de sérénité est resté gravé dans ma mémoire et a inspiré les premières versions du roman :

« Un bassin bordé de pierres, traversé par un petit pont de bois. Des carpes colorées évoluaient sous les fleurs de lotus tandis qu’une cascade miniature apportait une musique discrète au jardin. Des lanternes diffusaient une lumière douce et les panneaux coulissants en papier de riz s’ouvraient sur cet univers paisible. »
Avec le temps, j’ai découvert que les jardins japonais traditionnels étaient souvent beaucoup plus sobres. Leur objectif n’est pas d’impressionner mais de suggérer.
Une pierre peut représenter une montagne. Un espace de gravier ratissé peut évoquer une mer. Quelques mousses, un érable ou une lanterne suffisent parfois à créer un paysage intérieur propice à la méditation.
Derrière leur apparente simplicité se cache une recherche constante d’équilibre entre la nature, le vide et le regard du visiteur.
C’est peut-être cette capacité à suggérer plus qu’à montrer qui continue encore aujourd’hui à me fasciner.
👉Venez découvrir :
– les personnages de la saga
– la saga des Aventures parisiennes
– le tome 1 : Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi