Les coulisses de Tsutsuji – 躑躅

⛩️ Les coulisses de Tsutsuji – Le Japon qui a inspiré Aventures parisiennes

Découvrez les recherches, les traditions japonaises, les légendes, les geishas, la cérémonie du thé et les illustrations qui ont inspiré Tsutsuji, un parfum secret pour Mayumi.

La genèse

Réalisation : Alexandre LOISEAU

Les geishas – 芸妓

Avant de devenir geiko (芸妓 ) ou geigi (芸妓 ) — termes utilisés au Japon pour désigner les geishas — les maiko (舞妓 ) suivent pendant plusieurs années un apprentissage exigeant et quotidien.

Contrairement à une idée reçue largement répandue en Occident, les geishas ne sont pas des courtisanes. Elles sont avant tout des artistes professionnelles spécialisées dans les arts traditionnels japonais. Leur formation comprend notamment la danse, le chant, la musique, la poésie, l’art de la conversation ainsi que la maîtrise des usages et du savoir-vivre japonais.

Leurs prestations étaient traditionnellement destinées à une clientèle aisée. Aujourd’hui encore, les geiko se produisent lors de réceptions privées, de rencontres culturelles ou d’événements organisés pour des particuliers, des entreprises ou des visiteurs étrangers.

Certaines geiko pouvaient bénéficier du soutien d’un danna (旦那 ), un mécène fortuné qui participait aux frais considérables liés à leur formation, à leurs kimonos et à leur mode de vie. Cette relation, variable selon les époques et les situations, ne constituait toutefois pas une obligation.

Plusieurs heures de travail sont nécessaires pour parvenir à s’habiller et à se maquiller.

Leur kimono (着物 ), ou obebe (おべべ ), est une véritable œuvre d’art confectionnée dans des tissus somptueux. Il est maintenu par l’obi (帯 ), une large ceinture de soie qui entoure le vêtement. Cette ceinture est mise en forme grâce à un petit coussin appelé obi-makura (帯枕 )qui lui donne son volume caractéristique. Plusieurs tours sont nécessaires pour maintenir l’ensemble du vêtement en place.

Dessin : Alexandre Loiseau

Pourquoi évoquer les geishas dans le roman ?

Lorsque j’ai découvert l’univers des geishas, loin des stéréotypes souvent véhiculés en Occident, j’ai été fascinée par leur élégance, la richesse de leurs tenues et l’atmosphère singulière qui les entoure.
Au-delà de leur beauté, elles incarnent à mes yeux la rencontre entre l’art, la tradition et le raffinement. Leur simple présence semble suspendre le temps et transporter le visiteur dans un Japon où les gestes, les paroles et les silences possèdent encore une signification particulière.
L’un des chapitres de Tsutsuji se déroulant lors d’une réception privée, il m’a paru naturel d’y faire apparaître des geishas. Leur présence apportait à la scène une dimension à la fois poétique et intemporelle, tout en soulignant le contraste entre la modernité du Japon contemporain et la permanence de certains codes hérités de plusieurs siècles de tradition.
À travers elles, je souhaitais également rappeler que le Japon est un pays où le passé et le présent cohabitent souvent avec une étonnante harmonie.

La cérémonie du thé – 茶道

Pourquoi avoir introduit une cérémonie du thé dans le roman ?

Lorsque les protagonistes de ce roman se retrouvent réunis pour la première fois, ce sont en réalité plusieurs univers qui se rencontrent.
D’un côté, Takashi-san, un mécène japonais âgé, héritier d’une culture pluriséculaire et de traditions soigneusement préservées.
De l’autre, Marc Chartier, policier français ayant longuement vécu au Japon et familier de certains de ses codes.
Enfin, Floriane Le Marellec, jeune Parisienne moderne, spontanée et débordante d’énergie.
Tout semble les opposer.
La cérémonie du thé m’est alors apparue comme le cadre idéal pour leur première rencontre. Là où notre quotidien privilégie souvent la rapidité et l’efficacité, la Voie du thé invite au contraire à ralentir, à observer, à écouter et à accorder de l’importance aux gestes les plus simples.
Ce moment suspendu permettait ainsi de révéler les différences entre les personnages, mais aussi les premiers liens invisibles qui commencent à se tisser entre eux.
Dans cette scène, la cérémonie du thé n’est pas seulement un décor : elle devient un langage silencieux à travers lequel chacun révèle une part de sa personnalité.

Le salut et les règles de bienséance

Pourquoi évoquer les règles de bienséance dans le roman ?

Lorsque les protagonistes de l’histoire se rencontrent, ils ne partagent pas seulement des langues et des parcours différents. Ils portent également des codes culturels parfois éloignés les uns des autres.
Takashi-san a grandi dans une société où le respect de l’étiquette et de la hiérarchie occupe encore une place importante.

Marc Chartier, qui a vécu plusieurs années au Japon, en connaît les usages.
Floriane, au contraire, agit avec la spontanéité et la liberté d’une jeune Parisienne moderne.
À travers de simples gestes — une salutation, une carte de visite remise à deux mains, un silence respectueux ou une marque de ponctualité — je souhaitais montrer comment les traditions continuent d’influencer les comportements, même dans un monde devenu très moderne.
Ces différences ne constituent pas un obstacle. Elles deviennent au contraire une occasion pour les personnages d’apprendre à se comprendre et à se respecter.
Ces différences culturelles m’offraient également l’occasion d’introduire quelques moments de respiration dans l’intrigue. Les incompréhensions, les surprises ou les réactions spontanées de Floriane face à certains usages japonais permettent parfois de sourire tout en découvrant une autre façon de voir le monde. Derrière ces décalages se dessine peu à peu une rencontre entre deux cultures qui apprennent à se comprendre.

Le jardin japonais

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